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Ronchoitise éditoriale de janvier

Ah ! Vous ne devinerez jamais ce que j’ai vécu pendant cette dernière quinzaine de décembre 2016 ! Le pire et le meilleur assurément. Je ne résiste point au plaisir de vous narrer mes improbables tribulations. Si vous ne m’avez pas beaucoup vu ces derniers temps, c’est que j’ai subrepticement changé de peau. Le chômage me guettant à OIT, j’ai endossé incognito le costume de Père Noël pour faire l’animation de Noël dans les rues de Lannion. J’ai donc débarqué en fanfare le 17 décembre sur le Quai d’Aiguillon. Tous les enfants étaient là avec leurs parents, sans oublier bien sûr les « Huiles » locales et les paparazzis qui mitraillaient à-tout-va. Bref, je n’avais jamais connu une telle gloire même si celle-ci n’était pas sans quelques inconvénients : des bisous à faire à des enfants pleins de barbe-à-papa, des autographes à signer en masse, des selfies en pagaille et une grosse hotte à porter, pleine de confiseries. Sans parler des lettres au Père Noël auxquelles il fallait répondre. Bref, j’étais débordé. Heureux mais exténué. Ainsi, la semaine passa et Noël arriva. Quelle ne fut pas ma surprise lorsque j’entendis nuitamment dans mon jardin des bruits suspects, comme des grelots, des pas d’animaux et des soufflements rauques. Prudemment, j’ouvris la porte et, dans la lueur blafarde de la pleine lune, je vis descendre d’un traineau tiré par des rennes, un homme en rouge de forte corpulence. Crénom ! Le Père Noël en personne. Il s’avança vers moi de son pas lourd et me héla. « Ah ! Gamin, j’ai besoin de toi. Je n’y arrive pas. Trop de boulot ce soir. Il va falloir que tu t’y mettes ». Je l’invitai à rentrer à la maison mais il protesta de sa grosse voix : « Pas le temps, gamin ! On a du taf. Enfile vite ton costume et monte. À nous deux on va sans doute pouvoir boucler la boucle. Encore 5.075.479 km à faire cette nuit. Faut pas traîner ». Hésitant, je commençai à tergiverser quand, un brin énervé, il me tendit le contrat que j’avais signé pour faire le Père Noël à Lannion. Et en petits caractères, en bas de page, il était bien stipulé que j’étais susceptible de faire quelques heures supplémentaires la nuit de Noël pour aider le vrai Père Noël à distribuer ses cadeaux. C’est ainsi que, tirés par six rennes hurlants et vigoureux, nous avons décollé dans le ciel étoilé de Noël. Ensuite, vous allez rire, je ne me souviens plus de rien. Sans doute un effet de la vitesse superluminique à laquelle nous avons filé pour délivrer nos 7.097.552.612 cadeaux à travers le vaste monde. Toujours est-il que le lendemain matin, je me suis réveillé, dans mon déguisement de Père Noël, au Centre-Ville de Lannion, au pied d’un grand sapin enguirlandé. À mon grand étonnement, les rares passants ne semblaient pas étonnés outre mesure de me voir là, en costume, errant dans un état second. Le jour de Noël, on ne doit s’étonner de rien ; ce n’est pas moi qui vous dirai le contraire. Et la suite allait encore confirmer avec éclat cette vérité universelle.  Désœuvré et un brin paumé, je décidai de rentrer à pied chez moi, sur les hauteurs de Brélévenez. La fête était finie et la magie allait retomber comme un pauvre soufflé essoufflé. Essoufflé, je gravis donc à grand peine les 142 marches de la « colline de la joie » et arrivai devant ma maison. Une atmosphère bizarre et indéfinissable régnait autour de mon domicile plongé dans l’obscurité. Je poussai la porte et franchis le seuil du salon. Et là, subitement, la lumière s’alluma partout dans la pièce et je vis, éberlué, devant moi, une horde d’amis s’égosillant d’un tonitruant « Joyeux anniversaire, Théophile, joyeux anniversaire … ». Oups ! Je faillis en avaler ma barbe blanche postiche. Le choc était si énorme ! Je réalisai soudain que c’était bien en effet mon anniversaire aujourd’hui mais je ne m’attendais pas à un tel comité d’accueil à la maison. À peine remis de mes émotions, ce furent des embrassades pendant de longues minutes. Les bouchons de Champagne sautèrent en rafale et les bulles coulèrent à flot. Ils étaient tous là, mes bons amis : Sylvie Triol (ex Sylvie Père et ex Sylvie Nègre), Jean-Bâ Lenn, Parfait Saint-Surcinq, Ignace de Grandjoie, Anne Aunyme, et Jean Passe. Puis vint le moment de la remise du cadeau de Noël/Anniversaire. Un grand silence se fit ; on tamisa la lumière et Sylvie (ma douce Sylvie), me tendit une enveloppe bigarrée qu’il me fallut décacheter. Ce que je fis, non sans appréhension. Le contenu de ce pli me laissa sans voix : il s’agissait d’un bon pour un tour du monde d’un an par tous les moyens de locomotion possibles ; une sorte de carte inter rail à l’échelle mondiale. C’était trop ! « Mes bons amis, comment vous remercier leur dis-je, la larme à l’œil ». « Eh bien, c’est très simple me répondit Parfait d’un ton assuré : il te suffira de nous envoyer chaque mois une carte postale de là où tu seras. Ce sera notre récompense ». Je leur promis de le faire et la matinée se termina dans un véritable bain de bulles et de fous rires. Nul ne s’inquiéta cependant de ce que deviendrait le club en mon absence mais j’avais le sentiment que les membres d’OIT avaient désormais (presque) tous vaincu leurs complexes devant l’art photographique. Ronchoit pouvait donc s’éclipser un moment sans mettre le club en péril. Voilà résumé le récit de ces jours mémorables et incroyables. Au fil des jours, j’avais fini par douter de la réalité de mon petit trip spatial avec le Père Noël ; j’avais dû rêver, boire un peu trop sans doute et partir « en live ». Jusqu’au jour où je reçus une petite carte de vœux au cachet illisible libellée ainsi « Merci gamin pour ton coup de main au Noël dernier. Repose-toi bien et bonne année à toi – Signé – Le Père Noël ». Ami photographe, même si c’est trop pour toi, tu n’as pas le choix, il faut que tu croies en Ronchoit… Bonne année !

Théophile Ronchoit