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Nos précieuses images numériques

 

Sans nom 1

Ce soir, en faisant la sauvegarde de mes données, je me suis posé la question du devenir numérique de mes photographies.

Pour mes photographies argentiques, je ne me pose pas vraiment la question, j’ai accepté la lente dégradation de la chimie. Néanmoins mes yeux me permettent encore de « comprendre » mes vieilles images.

Comme beaucoup, lorsque le numérique est arrivé, je me suis dit : « super je garderai mes images une éternité », vivrai-je une éternité ?

Alors revenons à ma question du soir : comment faire pour garder mes photographies numériques le plus longtemps possible.

Je me suis posé quelques questions :

L’archivage physique, numérique et logiciel de mes données. Dans quelques décennies, si nous n’avons pas pris soin de migrer nos données, nous rencontrerons les problèmes suivants : arriverons-nous à relire nos anciens disques durs, il nous faudra le bon connecteur, le bon pilote de périphérique pour monter la ressource et le bon pilote pour que le système accède à l’organisation logique du disque dur, tout du moins si celui fonctionne toujours.

Puis il faudra le logiciel capable de lire les données brutes et peut-être de retrouver les corrections effectuées à l’époque, tout cela fait beaucoup.

Une autre méthode, conserver la machine avec les logiciels. Cette solution risque de transformer nos garages en musée des dinosaures morts de l’informatique.

Alors quelle solution ? Je me lance donc dans une recherche sur internet, avec, je le précise, une haute opinion de ma production, que j’envisage de léguer aux générations futures (le gars ne passe plus à travers les portes).

La définition professionnelle proposée, pour les archives image et audiovisuelle, par le groupe de travail Audiovisual Archiving Philosophy Interest Network (AVAPIN) et l’UNESCO, en 1998, est « Constituent des documents audiovisuels les œuvres comprenant des images et/ou des sons reproductibles réunis sur un support matériel dont : l’enregistrement, la transmission, la perception et la compréhension exigent le recours à un dispositif technique ; le contenu visuel présente une durée linéaire ; le but est de communiquer ce contenu et non d’utiliser la technique mise en œuvre à d’autres fins ».

Bon c’est bien de mettre une définition, mais maintenant que faire ? Je continue ma recherche… puis je tombe sur une thèse sur la conservation des fichiers numériques dont voici un paragraphe des plus intéressants :

« Une sélection de l’information par le contenu

Il ne sera pas question dans ce rapport de chercher à conserver à tout prix toutes les informations que chacun d’entre nous produit ou consulte, y compris des données d’intérêt momentané. Nous partirons du principe qu’une sélection est nécessaire dans le choix de celles qui ont réellement besoin d’être préservées à long terme. De façon très générale, on peut en simplifiant distinguer deux catégories d’informations :

  • celle qui prend un intérêt croissant dans le temps, ou du moins garde un intérêt constant ;
  • celle qui peut être importante pendant quelques temps, mais dont l’intérêt diminue et va s’effacer progressivement (ou même rapidement) au cours du temps. »

Quelle horreur, je comprends enfin que mes photographies n’auront pas un intérêt ad vitam æternam !!!

Il est tard et je me dis qu’il faut faire au mieux pour mes sauvegardes du moment, multiplier les disques durs, les lieux de stockage, vérifier régulièrement mes sauvegardes, en espérant qu’un incident mécanique ne survienne pas, qu’un logiciel malveillant ne se glisse pas dans mes données ou tout autre événement indésirable.

Voilà, je pars me coucher sans réelle réponse à ma question, mais vous l’avez peut-être.

Stéphane Pareige

« Le support photographique »

Qu’est-ce que le support photographique ? En cherchant sur internet, la principale définition qui ressort est «un support de photo est le matériau sur lequel est fixée l’image finale, accrochable en cimaise : papier, carton, métal, plexiglas, etc, qui est lié au procédé de transfert du cliché : papier sensible, impression, etc».

La photographie a utilisé des supports variés, plaque d’étain de Niepce, plaque de cuivre de Daguerre, la plaque de verre et le film souple. Les photographes ont toujours inventé, amélioré ou utilisé les moyens techniques de leur époque, c’est une évidence.

Aujourd’hui le numérique a fait son apparition dans l’ensemble des foyers. Nos images sont stockées sur des disques, voir sur le «Cloud» et en tout cas totalement numérisées et dématérialisées. Nous scannons même nos anciennes photographies, souvent avec le vain espoir de les transmettre à la postérité.

Est-ce que la photographie est devenue un «art numérique» par opposition à un «art chimique», est-ce le combat des anciens contre les contemporains ? Il s’agit peut-être simplement de partager avec les autres notre vision d’une scène.

La technique des 20e et 21e siècles a apporté d’autres modes de visualisation des informations autrefois stockées sur le papier. Nous voyons autour de nous des liseuses numériques pour les livres, l’écran de tissu du projecteur de diapositive est remplacé par un écran informatique. Les objets devenus courants tels que nos téléphones disposent eux aussi d’écrans de plus en performants.

La dématérialisation des œuvres d’art est devenue courante et nous sommes de plus en plus à les consulter sur nos écrans.

De mon point de vue, la question se pose, le tirage papier est-il le support final de toute photographie de qualité, ou devons-nous réfléchir à d’autres modes de visualisation, eux aussi de qualité, de nos images ?

Je rêverais de visualiser mes photographies en 3 dimensions, en une version très améliorée des hologrammes. Nous pourrions tout simplement regarder nos photographies en famille ou avec nos amis sur un écran «haute définition» parfaitement calibré.

Nous pourrions regarder des «œuvres virtuelles», nos photographies, sur des supports physiques, nos écrans.

Allez, tout cela n’est que pur délire et prouve que nous sommes libres de choisir la destination de nos photographies et les modes de diffusion ; à moins que nous devions nous adapter à ceux qui les regardent et qui les aiment.

Sur ce, je vous laisse, je pars lire un livre papier.

Stéphane Pareige