Tous les articles par Daniel Collobert

J’aime, j’aime pas

L’appréciation esthétique d’une œuvre, quelle qu’elle soit, photographique, plastique, acoustique, est une affaire de goût, dit-on. Mais des goûts et des couleurs, on en discute beaucoup. Et si cela commence souvent par « j’aime » (ou « je n’aime pas »), on en arrive rapidement à développer le sentiment, pour le justifier, selon tout un ensemble de critères. Au risque de se faire censurer par un modérateur ganache.

Il y a dans les objets certaines qualités qui suscitent des réactions esthétiques. L’homme est un animal qui, dans la gamme de ses comportements, a, en certaines circonstances, des conduites qui sont appelées communément esthétiques et que l’on retrouvera, d’ailleurs, chez nos cousins non humains et chez des oiseaux bien de chez nous.

Je reviens d’un voyage d’étude sur la planète Mars, où j’ai pu approcher monsieur Ronchoit, cet auguste personnage qui a là-bas le grade de critique d’art interplanétaire de septième échelon, alors qu’il discutait âprement de théorie formelle de l’esthétisme avec messieurs Bennet et Kolmogoroff. J’ai retenu de ces débats que la théorie mathématique du beau est en marche, je vous en dirai quelques mots un autre jour.

Le sujet de ce voyage n’a aucune importance ici, mais je voudrais relater l’expérience troublante que j’ai vécue lorsque, dans un musée réputé, je fus mis en présence de mon premier Glux et que l’on me demanda : « comment tu trouves ? ». Il ne me fallut que quelques instants pour plonger au plus profond de moi-même et en revenir avec un avis sincère : « j’aime ». « Mais encore ? » me demanda alors mon ami martien. Je dois avouer que je restai sec, mais je décidai in-petto de maîtriser le sujet.

Il faut vous dire qu’un Glux se présente généralement sous une forme ovoïde, plate ou rondouillarde, ce peut être grand, très grand, ou suffisamment petit pour être porté en médaillon. Normalement il y a des couleurs, une norme que les artistes très contemporains essayent de contourner. C’est muni d’appendices plus ou moins longs, éventuellement flexibles mais ce n’est pas obligatoire.

Le Glux existe depuis la nuit des temps et l’on en retrouve dans des grottes d’avant l’histoire, datant de plusieurs dizaines de milliers d’années, preuve s’il en fallait de l’universalité du sujet. Les exégètes de l’art du Glux soulignent d’ailleurs les traits remarquablement modernes de leur facture.

Or donc, vexé d’être resté sec devant cette merveille, j’entrepris de travailler un peu. Très vite je me suis rendu compte que le fait d’augmenter mon vocabulaire me permettait en retour de saisir quelques subtilités que l’artiste avait mises dans son œuvre. Filament, barbille, fibre, vrille, mèche, cirre, appendice, antenne, filet, corde, poil, soie devinrent des mots que je pouvais accoler pour donner plus de force à mes propos avec long, court, flexible, sensible, vibrant, aimable, délicat, nerveux, fragile, charnel, gracieux, distingué, raffiné et même exquis en complément d’attribut. Muni du vocabulaire adéquat, peinturluré d’un peu d’histoire de l’art Gluxien à travers les âges, je pouvais maintenant tenir conversation dans les vernissages tout en déambulant un verre à la main : « j’aime parce que l’on sent que les cirres vibrent de façon exquise mais un peu charnelle ». Cela pose son humain.

J’eus cependant beaucoup de difficultés, voire même un revers, avec cet artiste qui exposa des Glux tout plats et tout blancs. Mais il disposait d’un vocabulaire plus riche que le mien et dans lequel il y avait des mots que je ne comprenais pas, comme « l’art qui interroge » ou « le concept prime la réalisation » ou encore « c’est processuellement discursif ». Un jour, je rencontrai la célébrité qui présentait des Glux bleus et ce fut un naufrage. J’eus beaucoup de peine à comprendre ce que je voyais, pourtant les experts certifiaient que la démarche était tout à fait géniale, puissante et intemporelle, la preuve en est que même le type de bleu (International Bleu Gluxklein) était breveté. Je compris que je n’étais pas encore à la hauteur même si je restais intimement convaincu que cet art là était, à tout le moins, saugrenu.

Mais très rapidement cette situation me sembla un peu vaine, aussi je trouvai un maître Glux qui m’enseigna son art. L’art s’apprend à tous les sens du terme : on apprend à en produire, on apprend à le goûter. Ce fut un vrai travail, ce fut long, ce fut fatigant, ce fut une révélation : l’art existait vraiment. Je découvris qu’il y a intrication du jugement esthétique et des expériences de sa propre vie.

Mon expérience du Glux m’apporta la preuve que David Hume avait raison « La beauté n’est pas une qualité inhérente aux choses elles-mêmes, elle existe seulement dans l’esprit qui la contemple, et chaque esprit perçoit une beauté différente ». Autrement dit, le Beau pour le hibou, c’est la chouette.

Lightroom du premier mardi + formation annuelle

Formation annuelle

Il y aura une formation à Lightroom en novembre, samedi 12 et samedi 26. Les gentils animateurs seront Dany, Louis et moi. Vous serez choyés !
Cette formation s’intitule Bien commencer avec Lightroom car elle s’adresse aussi aux personnes qui n’ont jamais ouvert le logiciel. Au bout des deux jours vous devriez pouvoir voler de vos propres ailes.
Ce stage s’adresse à ceux qui voudraient trouver un logiciel très performant de retouche d’images qui, en plus, permettrait de mettre de l’ordre dans toutes ces photos qui se sont accumulées depuis que le numérique a supplanté l’argentique.
Nous vous donnons à chacun un fascicule de plus de 100 pages et un CD qui contient tout ce qui est nécessaire pour suivre ces deux jours de stage. Cela explique les 25 € que nous demandons comme participation aux frais. Il y aura aussi café, thé, jus de fruit et petits gâteaux, bien sûr.
Vous pouvez vous inscrire dès maintenant. Écrivez moi (cliquez ici ).

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Florence Doutriaux et Lucie d’Errée exposent « l’art de la fugue » à l’Abbaye de Coat-Malouen jusqu’au 31 mai

C’est du côté de Kerpert, à quelques kilomètres au sud de Guingamp.

Cela fait plusieurs fois que Florence et Lucie (dont l’agent artistique au club est Cindy Rabouan) exposent de concert. J’ai trouvé que cette exposition était la plus aboutie. J’avais pourtant bien aimé celles de Penvénan et de Port-Blanc, mais ici les propos sont plus généreux et, l’espace étant ce qu’il est, empreints d’une sorte de gravité solennelle.

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« AR MARC’H » Exposition de Frédéric Le Chevanton et Hervé Martin

C’est jusqu’au 14 mai au Bel Aujourd’hui, à Tréguier. Mais vous connaissez sûrement ce lieu chaleureux et accueillant où les lettres fraternisent avec les images, les peintures et les arts plastiques.
Frédéric et son complice Hervé ont écumé les foires et les concours aux chevaux, ces manifestations où l’on juge les modèles et les allures du cheval breton, postier et trait, poulains et adultes.
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Formation à Lightroom : 5 et 12 mars 2016, on est toujours loin du plein !

Pour bien commencer avec Lightroom il est préconisé de suivre le stage de deux jours que nous avons mis au point au cours du temps.
Cela se passera sur deux samedis, les 5 et 12 mars 2016. C’est plutôt intensif, cela commence à 9h pour finir à 18h ou 19h. Nous fournissons un support de cours de 106 pages ainsi qu’un CD. La participation aux frais est habituelle : 25 €.
Vous pouvez vous inscrire en cliquant ici. Il reste plein de places, vous n’êtes que sept inscrits ! Si vous pensez qu’une piqûre de rappel vous ferait du bien, n’hésitez pas à revenir !
Les inscrits sont, par ordre d’arrivée : Christophe, Jean, Dominique, Alain, Agnès, Michèle et Cindy. Si vous ne vous y trouvez pas, c’est que je vous aie oublié ! Manifestez-vous avant mercredi 2, minuit, le fascicule devant être chez l’imprimeur jeudi matin.
Les formateurs sont Dany Jerphagnon, Louis Dupré et moi. Vous pouvez obtenir tous les détails auprès de l’un d’entre nous.

Lightroom du premier mardi

Début février nous avons reçu plein de questions de Jacqueline qui avait noté au cours du temps des points agaçants ou des comportements bizarres. Nous n’avons pas eu le temps de répondre à toutes ces questions et elle nous en a envoyé d’autres pour le mardi 1er mars. Merci Jacqueline !
C’est ainsi que nous avons vu ou revu la synchronisation des paramètres et la fenêtre qui permet de renommer les fichiers. Nous avons aussi vu qu’il était dangereux d’utiliser Bridge et Photoshop avant d’utiliser Lightroom car, lorsqu’on possède Lightroom, Bridge est inutile et qu’il vaut mieux partir de Lightroom pour aller dans Photoshop. Les deux logiciels sont conçus pour travailler dans ce sens.

La prochaine réunion Lightroom aura lieu le 1er mars 2016. Les questions déjà posées concernent le mode Comparaison, ce qu’on appelle le Processus et le réglage fin des curseurs. Si vous avez des questions supplémentaires, elles seront les bienvenues !