Un matériau translucide très efficace pour fabriquer un
diffuseur est le plastique des sacs que différents commerces
proposent pour emballer vos achats, lorsqu'il n'y a rien d'imprimé
dessus. Il y a souvent une moitié du sac qui reste vierge, et
parfois les deux, comme ceux dont je me suis servi, distribués par
les magasins Leclerc (pub non rétribuée). L'image
ci-après montre l'effet de la diffusion par ce matériau.
Une seule épaisseur suffit à casser la netteté des
transitions ombres-lumières mais n'augmente pas sensiblement la
lumière dans les parties ombrées ; il faut deux
épaisseurs pour cela. Va pour deux épaisseurs !
Ce plastique absorbe très peu : les trois images ont été prises à la file avec le même diaphragme, les deux premières au 1/320 sec, la dernière au 1/250 sec.
L'image ci-contre montre comment s'en servir pour fabriquer un diffuseur
de fortune pour la macro. Il s'agit simplement de deux plaques de cartons dans
lesquelles j'ai découpé un trou de 25x25 cm et entre
lesquelles j'ai coincé les deux feuilles de plastique, le tout
étant agrafé sur les côtés. Ce n'est
évidemment pas d'une folle élégance, c'est assez
fragile, mais ça ne coûte presque rien et ça
marche très bien.
La figure suivante contient une superposition de cinq vues de la même fleur schizostylis, pour les cinq modes d'éclairage décrits sur la droite. Passez la souris par dessus ces descriptions pour faire apparaître les images correspondantes ; si vous cliquez, l'image du moment devient l'image affichée par défaut. De cette façon, vous pouvez comparer directement n'importe quelle image à n'importe quelle autre parmi les cinq.
1 - Soleil direct
2 - Soleil et diffuseur
3 - Soleil, diffuseur, plus un réflecteur éclairant le bas
4 - Soleil et le même réflecteur (sans diffuseur)
5 - Ciel gris bouché
(à un autre moment, bien sûr)
On notera la dureté des ombres portées en lumière directe — le modelé en devient difficile à apprécier. Cette dureté n'est absolument pas atténuée par l'usage d'un réflecteur, celui-ci se contentant d'éclairer les parties les plus sombres. Par contre, comme on s'y attendait, le diffuseur donne une image très douce. L'addition du réflecteur peut ensuite beaucoup modifier la lumière, mais doit être manié avec précaution pour rester naturel (l'image ci-dessus est un peu limite).
Le ciel gris de la dernière image correspond à un gigantesque
diffuseur. On obtient une image très douce et un peu irréelle
car on ne voit plus du tout d'où vient la lumière, sinon,
très vaguement, du haut. Il faut évidemment veiller à prendre une
balance des blancs pour ciel nuageux afin d'éviter un glissement des couleurs
vers le bleu.
La limitation du grandissement d'un appareil vient de la mécanique de son objectif, qui fait que son tirage, c.à.d. la distance entre l'objectif et le capteur, ne peut pas aller au delà d'une certaine valeur. L'addition de la bonnette diminue la focale sans changer le tirage et il en résulte que le grandissement augmente. Cela dit, que peut-on espérer en pratique d'une bonnette de 4 ou 5 dioptries ?
En considérant l'objectif et la
bonnette comme des lentilles minces accolées de distances focales
f et b, on trouve que le grandissement passe de G1
(valeur initiale) à
G2 = (f/b) + (1 + f/b) G1
On peut faire un calcul plus savant sans cette approximation de lentilles
minces, mais cela modifie très peu ce résultat.
Cependant, on préfère généralement parler de
focale et de grandissement équivalents pour un appareil
numérique, soit f_eq= k f et G_eq= k G, où
k est le coefficient multiplicatif pour la focale —
rappelons qu'avec un grandissement équivalent de 1, un objet de 36mm
remplirait tout le capteur. La formule précédente se
éécrit alors
G2_eq = (f_eq/b) + (1 + f_eq/b/k) G1_eq
La distance focale d'une bonnette de puissance D (en dioptries) est 1000/D (en mm). Comme on ne dépasse pas 4 ou 5 dioptries en pratique, on voit que b est généralement grand devant f_eq et donc que le grandissement n'augmente pas dans des proportions considérables. Par exemple, pour f_eq=100 mm, k=2 et D=4, on obtiendrait G2_eq = 0,4 + 1,2 G1_eq ; cela permet tout de même de passer d'un grandissement de 0,5 à 1, ce qui est très appréciable
Ce gain diminue vite si on diminue la focale équivalente de
l'objectif : avec f_eq=50mm, on ne passe plus que de 0,5 à 0,75. Si
on opère avec un zoom, on a intérêt à
travailler avec les grandes focales, dans la mesure où ça
ne force pas à diminuer le tirage.
Vous pouvez calculer la profondeur de champ de votre appareil pour un
grandissement donné avec notre page-calculateur...
et notamment vous rendre compte qu'elle tombe à quelques mm
dès qu'on demande des grandissements (équivalents)
importants, de l'ordre de 0,5 ou plus — c.à.d. si vous voulez
cadrer plein champ une fleur de 7 cm ou moins.